Pour le médicament, il n’y a pas eu de cas de contrefaçon

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Dans cet entretien, Fadila Ghodbane, directrice du département de lutte contre la contrefaçon à la direction générale des douanes plaide pour une étroite collaboration entre l’ensemble des secteurs pour lutter contre la contrefaçon.

-Qu’en est-il des moyens de lutte contre la contrefaçon au niveau des douanes ?
Les moyens de lutte se résument à la formation tout d’abord, parce que comme vous le savez toute la difficulté c’est de pouvoir identifier les produits contrefaits et de distinguer le vrai du faux, et ce, à travers ces formations qui sont organisées par les titulaires des droits qui sont les fabricants des produits. Ces fabricants nous communiquent des informations sur les produits, les pays d’origine et les itinéraires à suspecter. Il y a également un outil très important qui a été développé par l’organisation mondiale des douanes (OMD) qui est l’interface public membre (IPM) dédié au douanes. Nous avons récemment soumis notre souhait de rejoindre ce système parce que les titulaires de marques à l’échelle internationale ont constitué une base de données sur le vrai-faux.

-Justement, qu’en est-il de la base de données disponible à votre niveau ?
Ce sont les titulaires de marques qui nous communiquent cette base de données. Comme je l’ai dit, nous avons demandé à rejoindre l’IPM. L’OMD nous a soumis certaines questions concernant le dispositif actuel de lutte contre la contrefaçon. Par la suite, il y aura un technicien de l’OMD qui va se présenter pour suivre le dossier. C’est un système de formation continue et en ligne.

-Donc, vous avez un déficit en matière de formation ?
Exactement, parce que cela se fait à la demande des titulaires. Car il y a ceux qui déposent à notre niveau uniquement la demande d’intervention mais qui ne forment pas nos douaniers. Cela ne sert à rien de faire une demande si elle n’est pas suivie par une formation.

-Qu’en est-il du lien entre l’informel et la contrefaçon ?
Les produits de la contrefaçon sont commercialisés aussi bien par le biais du canal formel que par le biais du canal informel. D’après les rétentions douanières, c’est presque la totalité des produits de consommation courante qui sont touchés par la contrefaçon tels que les produits cosmétiques, les pièces de rechange et les appareils électroménagers.

-Mais les lois sont claires à cet effet…
Les textes de loi ne suffisent pas pour mettre un terme à ce fléau. C’est un phénomène international. L’Algérie subit la contrefaçon au même titre que les autres pays qui sont mieux outillés que nous. On essaye de faire de notre mieux pour juguler ce phénomène. La preuve, à travers cette exposition et parmi les institutions en charge de la protection des consommateurs et de l’économie nationale la douane est la seule qui est représentée. Quand on voit les textes, il y a d’autres intervenant dans la lutte contre la contrefaçon, mais malheureusement sur le terrain la majorité des intervenant ne font pas leur travail. On se retrouve donc seuls.

-De quels intervenants voulez-vous parler ?
Il y a le commerce, la police et la gendarmerie. En matière de contrefaçon, sincèrement, la participation des douanes est beaucoup plus importante par rapport à celle des autres institutions. Je propose qu’il y ait une étroite collaboration avec l’ensemble de ces acteurs.

-D’où proviennent essentiellement ces produits ?
Ils sont issus des pays de l’Extrême-Orient, avec en tête la chine et les Emirats arabes. On a eu des cas de produits contrefaits fabriqués en Turquie, en Italie en Egypte et au Mali pour ce qui est des cigarettes.

-Qu’en est-il des médicaments ?
Pour les médicaments, il n’y a pas eu de cas de contrefaçon. C’est vrai qu’on dit que le continent africain est plus touché par la contrefaçon des médicaments. Mais en Algérie, nous avons une réglementation très rigoureuse en matière de contrôle des médicaments. On est rassurés sur ce point.

-En termes de chiffres, y a-t-il eu une évaluation sur les pertes engendrées par l’économie nationale ?
Non, il n’y a pas eu d’évaluation parce qu’il y a d’abord des pertes pour le Trésor public. Une étude doit être faite pour établir le manque à gagner. Les entreprises sont également appelées à évaluer leurs pertes.

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